De Pierre et de Seel by Hervé Joseph Lebrun

dpeds7

Pierre Seel (1923-2005), the only French homosexual to have openly testified to his deportation during World War II, expresses in this moving tribute, his great difficulty in living, denouncing all the obstacles facing lesbians and homosexuals. Hervé Joseph Lebrun, photographer and filmmaker, worked for many years with Albrecht Becker, the last German survivor of the gay holocaust. The book includes an interview with Pierre Seel (2000) and 50 unpublished pictures.

Pierre Seel, seule personnalité homosexuelle française à avoir témoigné à visage découvert de sa déportation durant la Seconde Guerre mondiale, fait part dans cet hommage bouleversant de sa difficulté de vivre en dénonçant tous les obstacles rencontrés par les lesbiennes et les homosexuels.

Avalaible on amazon.com

De Pierre et de Seel (extrait) :

Pierre Seel : Des milliers et milliers d’ouvrages, des livres, et des revues homosexuelles jonchent le sol. Regardez : ceci est un extrait de la Dépêche du Midi du mercredi 30 juin 1999 : À l’âge de 76 ans, Pierre Seel affirme, j’affirme!… Être le dernier survivant français des déportés homosexuels (les gens ne le croient toujours pas!) des déportés homosexuels français, français… Puis ils parlent de mon livre, ils parlent de la mort de mon ami. C’est toujours la même histoire! Ce que je voudrais maintenant, c’est d’ailleurs la suite de cet article : Pierre Seel aimerait simplement que justice lui soit rendue et que l’on élève en France un mémorial de la déportation des homosexuels. Il y en a en Allemagne, il y en a en Autriche, il y en a en Hollande, il y en a en Italie, il y en a même en Australie, à Sydney. Il n’y en a pas en France. Je me heurte aux Anciens Combattants, aux déportés qui sont tous des personnes de droite, sinon d’extrême-droite, je n’ai pas honte de le dire, c’est comme ça. Pour eux, il n’y a pas eu d’homosexuels dans les camps de concentration. Pour eux les homosexuels sont des droits communs et certains à Besançon ont même crié : Il faut les rebrûler, il faut les remettre au feu. Ça, c’est mon message. Je suis libre, je suis tout à fait libre. Comme Max! Pas d’association, pas de président. Je suis mon président. Je suis mon sous-président. Je suis mon secrétaire. Je suis mon trésorier. Je paye toutes les démarches avec mon argent. La seule bible que j’ai, c’est mon livre. Il est traduit en allemand, il est traduit en anglais. Moi je ne m’enrichis pas, je m’appauvris. Je m’appauvris avec ce que je fais. Seulement je ne veux pas oublier Jo. Je ne veux pas oublier qu’on a tué mon ami, et ça ça compte. C’est surtout ça! Et jusqu’à ma mort, je vais crier ça. Les voyages que je fais, c’est uniquement dans le but de faire connaître ce crime que les nazis, que les fascistes ont fait. Et pour que ça ne se renouvelle pas. Voilà ! Mes papiers traînent partout, des souvenirs de voyage aussi, des documents. Je n’y arrive plus ! Je voulais faire un petit musée, je commençais à mettre des affiches. Non. Ce n’est pas possible. J’ai essayé l’année dernière, j’ai fait des appels par des annonces dans les journaux pour que quelqu’un m’aide, des garçons homosexuels, de préférence…

Copyright : Hervé Joseph Lebrun / Pierre Seel



About this entry